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stratégie nationale de lutte contre la corruption - Un outil stratégique capital pour la lutte contre la corruption

stratégie nationale de lutte contre la corruption

Un outil stratégique capital pour la lutte contre la corruption

En fin octobre 2017, l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) a lancé le processus d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Pour finaliser le processus, l’OFNAC a convié les différentes parties prenantes à la cérémonie de validation technique du document final qui sera soumis à l’autorité pour sa validation définitive, prélude à sa mise en œuvre.

 

La cérémonie de validation qui s’est déroulée le mardi 25 juin à l’hôtel Terrou-Bi, a été présidée par le Secrétaire d’Etat chargé de la promotion des droits Humains et de la Bonne Gouvernance, M. Mamadou saliou Sow en présence de la Présidente de l’OFNAC, Mme seynabou Ndiaye Diakhaté, de la représentante Résidente du PNUD, Mme Amanta Diabaté et de nombreuses personnalités et représentants des partenaires techniques et financiers.

L’objectif de l'atelier est de valider le rapport de la Stratégie nationale de la lutte contre la corruption pour la période 2020 – 2024. De manière spécifique, il s'agit de faire la revue du rapport et recueillir les observations des membres du Comité national de pilotage, présenter la synthèse du cadre stratégique, le plan d'actions et le budget, le cadre pilotage du suivi – évaluation de la mise en œuvre et de recueillir les observations. Comité de pilotage national et un comité de planification stratégique. Comité de pilotage national et un comité de planification stratégique.

Souhaitant la bienvenue aux participants, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté a rappelé que pour être conforme aux dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption en ses articles 5 et 6, à la Déclaration de Kuala Lumpur en octobre 2013 sur les stratégies de lutte contre la corruption et à l’axe 3 du Plan Sénégal Emergent relatif à la Gouvernance, à la paix et à la sécurité, le Gouvernement du Sénégal a chargé l'OFNAC de conduire le processus d’élaboration de la SNLCC.

Une stratégie qui, au terme de son élaboration, devra être le cadre d’action global pour les mesures à prendre dans la prévention et la lutte contre la corruption, mais aussi servir d'outil utile pour la mobilisation et la coordination des efforts et ressources dans la prise en charge du fléau.

Un Comité de pilotage national et un comité de planification stratégique

Appréciant le processus d'élaboration de la SNLCC, elle l’a qualifié d’inclusif, car ayant impliqué toutes les forces vives de la nation sénégalaise. En effet, soutient-elle, « Dès les premières heures de son lancement, nous avons mis en place un Comité de pilotage national et un comité de planification stratégique. Le premier comité réunissant les acteurs des secteurs public et privé et de la société civile, a eu en charge la définition des orientations dans l'élaboration du document et la validation des résultats à chaque étape primordiale. Le second comité, comprenant les responsables de l’OFNAC, agissant, tout le long du processus comme le comité scientifique du COPIL, a assuré la planification et la formulation de la stratégie avec l'appui d'un consultant facilitateur. Pendant plus de 20 mois, les instances ainsi créées n'ont ménagé aucun effort dans la coordination des activités d'élaboration de la SNLCC.

En plus des activités organisées dans le cadre formel des comités, nous nous sommes inscrits dans une dynamique de partage et d’inclusion pour donner à la SNLCC une dimension nationale, gage d’une appropriation future par l’ensemble des populations.

C’est dans cette perspective que plusieurs ateliers ont été tenus, et des tournées conduites dans les régions pour rencontrer les Comités régionaux de développement et partager avec eux les options stratégiques les plus aptes à endiguer les pratiques de corruption pour un environnement des affaires propice au développement.

Elle a rappelé les concertations tenues avec certaines organisations du secteur privé et de la société civile sur les questions spécifiques liées à leur implication dans la lutte contre ce fléau.

Ces différentes rencontres ont permis progressivement, selon elle, de renforcer le contenu du document et d’aboutir à la dernière mouture qui fera l’objet d’un examen attentif de la part des participants.

Dès lors, a-t-elle ajouté, il s'agira de passer en revue l'ensemble du document, partager le cadre stratégique retenu, présenter la synthèse du plan d'actions et du budget, ainsi que le cadre de pilotage et de suivi – évaluation, recueillir l'ensemble des observations des participants et procéder à la validation technique finale du document.

En terminant, elle a adressé ses remerciements à la Représentante résidente du PNUD et à l’ensemble de ses collaborateurs, et à travers eux, tous les partenaires techniques et financiers, pour leur appui sans cesse renouvelé à l'OFNAC dans la mise en œuvre de ses activités.

PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE

Quant à Mme Amanta DIABATE Représentant Résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), elle a fait remarquer que la rencontre de ce jour symbolise la ferme volonté du gouvernement du Sénégal, à travers le Plan Sénégal Emergent, et des documents de politique de bonne Gouvernance, d’inscrire la promotion de la gouvernance et la reddition de comptes au cœur de son agenda de développement et de faire de la lutte contre la corruption un véritable enjeu de développement et une opportunité pour voir se concrétiser les missions de l’OFNAC.

Il ne s’agira pas, aujourd’hui, de redécouvrir Alexis de Tocqueville qui, au demeurant, avait raison de dire que l'état de droit et les libertés individuelles sont les moteurs indispensables du progrès économique et social. Il s’agira plutôt de voir, au moment où la communauté internationale suit ardemment la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), comment renforcer l’état de droit comme élément central de la bonne gouvernance et Comment en faire un puissant levier de promotion de la paix et de la sécurité ?

Selon elle, l’un des effets pervers de la faiblesse de l’état de droit est sans aucun doute la corruption, phénomène que l’on appelle aussi, tristement, l’autre plus vieux métier du monde et qui, on le sait, représente un frein majeur au développement économique et social.

 

« On ne peut parler de réelle démocratie si l’Etat a des difficultés à appliquer la loi et à faire en sorte que tout le monde respecte les règles d’intégrité et de transparence. La participation des citoyens dans la politique et la confiance entre le citoyen et l’Etat, ainsi qu’entre l’Etat et l’élite politique, passent certainement par la réalisation de résultats concrets sur le front de la lutte contre la corruption ».

Le PNUD, a-t-elle ajouté, est conscient que cette bataille nécessite une forte détermination et une volonté solide, de même que la mise en place de mécanismes législatifs et règlementaire solides et l’adoption et la mise en œuvre efficaces d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Malgré la complexité de ce fléau et la multitude d’acteurs concernés, il nous faut tous avoir une réelle volonté de combattre la corruption a-t-elle dit, invitant à une mobilisation de toutes les forces vives de la nation à être déterminées à gagner cette bataille, vu son importance stratégique dans l’enracinement du processus démocratique.

Réformes institutionnelles et normatives

Dans son allocution, M. Mamadou Saliou Sow a exprimé toute sa satisfaction de présider cette cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation technique SNLCC après de longs mois de travail et de réflexion. Selon lui, le Président de la République et le Gouvernement attachent une importance toute particulière à la promotion de la gouvernance vertueuse des affaires, en général et à la lutte contre la corruption, en particulier. « Les initiatives prises en ce sens ont été nombreuses, a-t-il dit, citant parmi elles la création de l’Office national de lutte contre la corruption que le législateur a doté d’importantes prérogatives, l’adoption en 2014 de la loi relative à la déclaration de patrimoine et l’adoption récente de la loi contre le blanchiment de capitaux et la prévention du terrorisme.

« Ces réformes, qui sont intervenues, au double plan institutionnel et normatif, ont permis à notre pays de renforcer son corpus juridique de prévention et de lutte contre la corruption ; ce qui nous a valu une nette appréciation de notre classement dans les différents indices de mesure de la transparence » a-t-il soutenu.

Pour lui, les résultats obtenus, tant en matière de déclaration de patrimoine des assujettis, de répression de la fraude et de la corruption et de sensibilisation des populations sont plus qu’encourageants.

Cependant, avertit-il, ces avancées significatives ne nous font guère perdre de vue l’immensité de la tâche qui nous attend. Au contraire, loin de réfréner notre ardeur combative, elles commandent de notre part plus d’engagement et d’efforts pour extirper de notre pays, les dernières gangrènes de ce fléau tenace qu’est la corruption.

Il se dit convaincu que ce combat est à notre portée, parce que nous avons un arsenal juridique éprouvé en la matière, des organes crédibles, une volonté politique affirmée en faveur de la transparence et un peuple mûr et de plus en exigeant.

« Il nous manquait une stratégie coordonnée et consensuelle pour synchroniser les efforts des organes de lutte, de la société civile, des partenaires au développement et des populations en vue d’améliorer l’efficacité de notre action ». C’est pourquoi, en se dotant d’une Stratégie nationale de lutte contre la corruption, notre pays a désormais toutes les cartes en main, pour faire échec à la non-transparence, à la corruption et à la concussion.

Il a, à cet égard rappelé que l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption constituaient l’un des objectifs identifiés par l’axe 3 du Plan Sénégal Emergent relatif à la Gouvernance, à la paix et à la sécurité.

Aujourd’hui, cet objectif est sur le point d’être atteint grâce à la détermination des acteurs qui y travaillent depuis le mois d’octobre 2017, date à laquelle le Gouvernement a chargé l’OFNAC de coordonner l’élaboration de la SNLCC.

« Vous avez contribué de manière significative, par vos brillantes idées et par votre participation assidue aux différents ateliers, à la conception et à l’enrichissement, au fil du temps, du document qui sera examiné tout à l’heure ».

C’est pourquoi, il a tenu à remercier les participants, au nom du Président de la République et de l’ensemble du Gouvernement, pour le temps et l’énergie qu’ils ont consacrés à cette entreprise.

Pour lui, le document de stratégie nous rassure à plus d’un titre. D’abord par le temps de maturation qu’il a fallu lui consacrer, près de 20 mois, comme vous l’avez dit, ensuite par la participation active et l’inclusion des acteurs clés et enfin par sa qualité intrinsèque qui reste le fruit de la réflexion collective engagée et des contributions pertinentes reçues de la part de toutes les parties prenantes.

Partant de cette considération, il ne doute nullement de sa mise en œuvre effective par les acteurs impliqués ni de sa parfaite appropriation par les populations. Ce qui lui fera avancer que le Gouvernement en fera une lecture attentive et prendra les dispositions idoines, suite à sa validation finale, pour l’ériger comme un cadre de référence unique pour les politiques de lutte anticorruption au Sénégal.

Les départements ministériels et autres administrations concernées devront également s’organiser en conséquence pour programmer, dans leur plan de travail annuel, les activités qui leur incombent, mobiliser les ressources adéquates et les réaliser avec efficacité et dans le respect des délais.

En définitive, la Stratégie nationale de Lutte contre la corruption doit permettre, suite à sa mise en œuvre, la consolidation des efforts entrepris par le Gouvernement, les Institutions constitutionnelles, les acteurs privés et des organisations de la société civile en faveur d’un modèle de citoyenneté qui ne laisse aucune place ni aucune chance à la corruption.

Dans sa conclusion, il a remercié le Programme des Nations Unies pour le Développement pour le soutien financier qu’il a apporté à la réalisation de la Stratégie. Il a enfin félicité l’Office national de Lutte contre la corruption pour la parfaite coordination du projet qui s’est faite en accord avec les orientations dégagées par le Gouvernement.